top of page

LA TÊTE DE SINGE

L'insouciance des Obélix

Au cœur des gorges du Verdon, tel un sphinx (vous verrez ce détail a son importance), une immense tête de babouin garde l’entrée du couloir Samson. Parfaitement évocateur, le profil ne trompe pas et le nez forme une proue de quelques mètres de long, parfaitement dessinée et suspendue au milieu du vide dans un décor grandiose. Un 8a parcourt la ligne dans une ambiance incroyable. Cette voie me fait penser au sphinx d’Astérix et Cléopâtre, celui sur lequel Obélix décide de grimper pour s’amuser jusqu’à en atteindre le nez, nez qui se décroche lorsque le gaulois s’apprête à rétablir dessus.

Celui qu’on nomme Graou, ouvreur de cette voie, équipeur de légende à qui les falaises de France

tete_singe.jpg

doivent des centaines de lignes, est comme Obélix : personne ne lui dit où il a le droit de grimper et aucune norme sociale n’exerce la moindre emprise sur lui. Contempler un nez de sphinx – ou un nez de babouin – ne lui suffit pas ; il lui faut le grimper !

" Cette voie me fait penser au sphinx d’Astérix et Cléopâtre" 

Si l’on est aujourd’hui habitué à voir en vidéo de grandes envolées de continuité dans les baumes de France et de Navarre, ce type de lignes n’existaient pas il y a 25 ans. Graou est le premier à avoir osé équiper des voies dans des dévers géants de plus de 50 mètres de long. C’est comme si les barrières mentales n’existaient pas chez lui. Lorsque je l’ai rencontré, il était dans une série en cours de plus de 300 jours de grimpe d’affilée… On raconte même qu’une fois, il est allé jusqu’à descendre en moulinette, en pleine nuit, dans une falaise interdite et non équipée pour grimper auto-assuré une belle colonnette qui lui faisait de l’œil !

bottom of page